Le mirage
Il était une fois une jeune fille qui rêvait d'un autre monde et .... Pardon, je m'égare, je me suis trompée d'histoire. Désolée, en fait, un jour, comme tous les autres jours du reste, j'étais en cours. Je rêvassais, jusqu'au moment, où, mes yeux heurtèrent le paysage de la cour, et je vis cette fille .... Elle semblait perdue, ailleurs, comme sortie de nulle part. Enfin, la sonnerie retentit. Trop de questions tournaient dans ma tête, trop d'interrogations : qui était-elle ? D'où venait-elle ? Pourquoi m'intriguait-elle à ce point ? Qu'avait-elle donc de si attirant ?
J'atteignais enfin la cour, je ne vis personne. La jeune inconnue s'était comme évaporée. C'est alors que la sonnerie retentit à nouveau et je me dirigeai vers la salle de classe. Et là, je la vis, seule, dans un couloir. Elle était là devant moi, je m'approchai d'elle, puis je la regardai avec insistance, essayant tout de même de ne pas trop l'effrayer. Cette fille semblait avoir besoin d'aide, alors, je demandai autour de moi si quelqu'un la connaissait. Personne ne sut me dire qui elle était.
Plus tard, au réfectoire, elle était là, à manger seule, je pris la décision de m'inviter à sa table. Elle me regarda, et rien, elle continua son repas. Elle était, calme, posée contrairement à la fois précédente. Ses longs cheveux blonds ondulés, pendaient le long de son dos. Elle avait de magnifiques yeux vert émeraude, elle dévisageait les gens qu'elle voyait. De son visage pâle, on aurait pu croire qu'elle était malade, mais c'était le seul signe extérieur qui le montrait. Sa posture la grandissait malgré sa petite taille.
Quelques instants après l'avoir vaguement observée, je lui demandai si elle était nouvelle, elle me regarda bizarrement et secoua la tête pour me donner une réponse négative. Je ne comprenais pas. Me voyant intriguée, elle me dit :
- « où suis-je ? Je me promenais dans mon jardin et je ne comprends pas comment je suis arrivée ici. Tu ne saurais pas, ce qui m'est arrivé ?
- je n'en ai absolument aucune idée, lui dis-je. »
Après quelques secondes, mourant d'impatience, je lui demandai son nom, elle me répondit clairement : « Evangeline McDowel ». Cela sonnait « British ». Pour savoir si elle était anglaise, je lui posai la question. Mais non, elle ne connaissait ni la Grande-Bretagne, ni les Etats-Unis. Etrange ..... Avec toutes mes questions, j'avais omis de me présenter à elle. C'est donc ce que je fis. Nous parlions, mais elle n'avait pas l'air de me comprendre, pourtant, cela ne me paraissait pas bien compliqué. Nous échangions des choses banales, mais elle semblait totalement perdue. Je la trouvai étrange, et vice-versa. Laquelle de nous deux semblait la plus perdue. Il me fallait résoudre ce mystère. Je ne pouvais pas la laisser dans cet état là. Effectivement, elle était perdue. Elle ne me dévoilait pas grand chose sur son identité, sauf ses nom et prénom, et un royaume sur une planète qui ne figurait pas dans le dictionnaire. Cette planète se prénommait Diane. Elle était un grand mystère que je comptais bien élucider. Un royaume sur la planète Diane, un mystère, la carte n'indiquait rien de tel. Mon professeur de géographie me prit pour une folle, c'était bien probable mais cette idée ne m'avait pas traversée l'esprit. Je décidais donc, d'aller voir une amie de ma mère qui exerçait depuis quelques temps la profession de psychologue.
Lors de la visite, Evangeline raconta ce quelle m'avait déjà appris. La psychologue en resta sans voix, elle ne comprenait pas. Après quelques secondes de répit, elle nous prit pour des folles mais elle ne s'inquiétait pas car apparemment, comme tout être humain nous avions des rêves et faisions en sorte de les réaliser. Elle me fit part d'une remarque : « Si tu veux être sûre que ce lieu n'existe pas, va voir sur internet. » Et nous partîmes pour la médiathèque.
Arrivées sur les lieux, tout les ordinateurs étaient déjà utilisés. Evangeline était intriguée par ceux-ci, elle ne me croyait pas quand je lui disais à quoi ils servaient. Cela lui semblait impossible que toutes les informations du monde soient réunies dans un si petit engin. Auprès de la Gérante des Réservations pour Internet que nous appelions aussi la GRS, je me renseignai sur l'heure à laquelle je pourrais aller sur le web. Elle me dit : « dans environ un quart d'heure », puis nous attendîmes... Evangeline se dirigea vers les livres et en feuilleta un. Il semblait comme elle. Un livre sans rien dessus à part quelques images qui d'ailleurs, ne lui paraissaient pas inconnues. Des images et un titre, un simple livre assez important au niveau de la masse, mais vide. Le titre : le royaume Evan, et deux images d'un décor banal mais splendide. La GRS nous appela. Internet était à nous pour quinze petites minutes, il fallait découvrir l'endroit de ses souvenirs. Le moteur de recherche s'ouvrit, cliqua sur « recherche avancées ». Je tapai « royaume sur la planète Diane ». Rien ne s'afficha. Le même résultat se fit ressentir avec la recherche de « royaume Evan ». Déçues de cet échec avec la recherche, mais pas entièrement. Nous n'étions pas rentrées bredouille : le livre était la seule preuve de l'existence de ce lieu.
Le livre emprunté, nous le feuilletâmes de fond en comble. Un indice y était peut-être caché. Qui sait ? Effectivement, il renfermait bien quelque chose, il était ancien. Après l'avoir dépoussiéré, le livre racontait une histoire dont le personnage principal serait Evangeline, et... quelque chose me gênait soudain, comme si quelqu'un était entrain de me pousser. C'était pour moi, une sensation de déjà vue. Puis, Evangeline s'effaçait de plus en plus, ainsi que tout ce qui nous entourait. Plus un bruit, plus d'image que m'arrivait-il ?
Quelques secondes plus tard, le son revint. Des gens m'appelaient par mes nom et prénom et disaient autre chose. En effet, je reconnaissais la voix de mes camarades de classe et celle de mon professeur. Je levai la tête, j'étais à ma place en cours de mathématiques. Evangeline aurait-elle était un rêve ? Elle restera toujours un mystère. Tout cela me paraissait tellement réel, que j'ai du mal à croire qu 'elle n'était qu'un rêve. Le cour reprit mais toujours sans moi, je me posai toujours la question « d'où venait-t-elle ? ». Tous ces indices me disaient qu'elle faisait partie du livre mais aussi de mes rêves. Si c'est le cas, ce fut le plus beau de mon existence.